VéloAujourd’hui en moyenne 10% des déplacements dans les grandes villes se font à vélo… Un chiffre en nette progression depuis 10 ans car le vélo apparaît de plus en plus comme le mode de transport le plus pratique, le plus rapide et le moins cher !

Pourtant, les crevaisons, les chaînes qui sautent ou autres câbles cassés nous amènent souvent à laisser notre vélo hors d’usage à la maison… On estime à un tiers les vélos qui ne sont pas en état d’être utilisés et restent dans une cave ou un garage à dormir…. Parallèlement, on évalue à environ 1,5 million d’unités le nombre de vélos détruits tous les ans en France. Le cycle de vie d’un vélo est donc court et peu optimisé… alors que quelques tours de clés pourraient les réparer ! On manque de connaissances et de confiance pour réparer les petites bricoles qui arrivent à nos vélos, et parfois, on n’a tout simplement pas envie de les réparer tout seul chez nous ! (Source: https://www.heureux-cyclage.org/pre-etude-sur-les-filieres-locales.html?lang=fr)

Pour répondre à ça, il existe des espaces dédiés : ce sont les ateliers d’auto-réparation ! Il y en a presque une dizaine aujourd’hui sur Lyon. Et s’il n’en existe pas assez près de chez vous, pourquoi ne pas en créer un dans votre quartier, votre entreprise ou votre campus ?

Petit mode d’emploi pour vous lancer !

Un atelier d’auto-réparation de vélo, qu’est-ce que c’est ?

Les ateliers d’auto-réparation sont des espaces conviviaux où l’on apprend à réparer soi-même son vélo avec les conseils et les coups de main des plus expérimentés. On peut y venir même si on n’y connait rien du tout ! Il faut seulement être prêt à mettre la main à la pâte !

En quelques mots un atelier d’auto-réparation a pour objectif :

  • de transmettre les connaissances sur la réparation des vélos ;
  • de développer le recyclage, en réutilisant les pièces en bon état des vélos qu’on ne peut pas sauver ;
  • de favoriser la rencontre au sein de son quartier, dans un lieu où on peut partager autour du vélo et de bien d’autres choses ;
  • d’aider et d’encourager à la pratique du vélo en partageant des conseils, des trucs et astuces, des bons plans entre cyclistes…

Concrètement, des permanences sont régulièrement tenues et ouvertes à tous. On y vient bien-sûr réparer son vélo lorsqu’il a un problème, et on peut aussi venir pour aider les autres à réparer, en fonction de ce qu’on sait faire. Au fur et à mesure, on progresse et on peut intervenir sur de plus en plus de pannes du vélo !

C’est un engagement qui porte plusieurs objectifs : d’une part permettre à chacun de prendre confiance en lui face au bricolage et à la technologie, encourager la pratique du vélo et d’autre part, développer une économie circulaire en réparant et réutilisant les vélos plutôt qu’en en achetant un nouveau.

En 2014, 19 000 vélos ont été sauvés de la destruction pour être réparés ou alimenter les stocks de pièces détachées en France !

 

 

Et à Lyon, où en est-on avec les ateliers d’auto-réparation de vélos ?

Il existe déjà 8 ateliers implantés dans la métropole lyonnaise, qui comptent aujourd’hui plus de 3 000 adhérents !

Le Chat perché dans le quartier de la Guillotière (7ème)

–  Change De Chaîne à Vaise (9ème),

– Les Bikers à la Doua (Villeurbanne)

Le Recycleur aux Terreaux (1er) et à Gerland (7ème)

–  Le Cyclub (Villeurbanne)

La Ptite Rustine (Bron)

Le TriCycles (Pierre-Bénite)

Voici la carte des ateliers de la Métropole !

Il n’y en a pas près de chez vous ? Alors lancez-vous !

La recette pour monter un atelier d’auto-réparation de vélos dans votre quartier

Chaque atelier a sa propre histoire et il n’y a pas de parcours standard pour le montage d’un atelier… Néanmoins, voici quelques idées pour s’y mettre !

1 / Comment commencer ?

Quand on s’intéresse à la création d’un atelier, il est bon de mieux connaître ceux qui existent déjà. Vous pouvez les contacter, aller les rencontrer, et devenir bénévole pour découvrir leur fonctionnement. Chaque atelier a sa culture, ses modes de fonctionnement, cela vous aidera à trouver votre voie !

Ensuite, il faut trouver autour de vous une ou deux personnes adeptes du vélo et/ou passionnées de bricolage, bien motivées pour vous aider et construire une petite équipe !

Les ateliers commencent souvent d’abord avec des ateliers mobiles, qui proposent des permanences dans leur quartier. Pas forcément besoin de rechercher un grand espace dès le début, mais au moins un local (un garage, un local dans une maison de quartier, Mjc, Centre social, etc.) pour y entreposer les outils.

Il faudra donc commencer par se procurer un minimum d’outillage : pour ça, il est possible d’en récupérer à moindre prix, par ses connaissances (chez les bricoleurs, il y a toujours quelques outils en double… !) ou dans d’autres lieux comme Emmaüs.

Petite idée pour vous aider à vous lancer : vous pouvez commencer par demander une (ou plusieurs) intervention(s) d’un atelier mobile afin de mobiliser vos voisins en leur faisant découvrir concrètement le concept. Ceci permettra de repérer les plus motivés et ainsi de créer une petite équipe motivée pour se lancer dans la création d’un atelier permanent.

Toutes les infos  sur les ateliers mobiles.

2 /Comment construire un atelier ?

Vous êtes déterminé(s) à vous lancer, vous avez rassemblé quelques personnes motivées et dynamiques, votre aventure peut commencer ! Quelques étapes importantes à avoir en tête…

1. Être accompagné par des structures pertinentes !

Dès les débuts de votre réflexion, vous pouvez vous faire accompagner par le réseau L’Heureux cyclage, qui accompagne les ateliers d’auto-réparation de vélo et qui vous apportera des conseils très utiles, vous aidera dans le montage de vos statuts associatifs et vous formera pour acquérir les différentes compétences indispensables à des créateurs d’ateliers !

Dans le même temps, vous pourrez vous mettre en lien avec La Clavette, le réseau lyonnais des Ateliers d’auto-réparation, qui vous permettra de bien connaître notre éco-système local et d’avoir des conseils précieux pour bien démarrer sur Lyon et ses alentours !

Enfin, vous pouvez vous mettre en lien avec la Pépinière d’initiatives citoyennes d’Anciela (nous !) pour échanger sur votre action et avoir des conseils et mises en lien complémentaires des accompagnements de L’Heureux Cyclage et La Clavette !

2. Créer une association !

Dès lors que vous souhaitez vous lancer, vous aurez besoin d’un statut associatif pour vos démarches : banque, assurance et dialogue avec les autres acteurs de votre quartier.
Vous n’êtes pas obligés de trouver un nom définitif à votre atelier dès ce moment, mais c’est quand même conseillé (en tout cas c’est plus simple !) car vous allez vous présenter à de nombreux acteurs et institutions, autant qu’il retienne le bon nom dès le début !

3. Trouver des partenaires locaux, un local de stockage, des lieux d’action…

Ensuite, il vous faudra créer des partenariats locaux. Pourquoi ? Parce qu’il vous faudra un lieu de stockage pour vos (futurs) outils et pièces, des lieux pour organiser vos permanences et à termes un lieu fixe pour votre atelier. Ce sera le moment de rencontrer les acteurs du quartier : la Mjc, le ou les Centres sociaux, le Conseil de quartier, la Mairie de quartier, les élus et les agents en charge du développement durable, de la mobilité, des déchets, etc.

Vous pouvez préparer un dossier de présentation du projet à leur envoyer pour qu’ils comprennent bien votre philosophie, vos objectifs, les actions que vous mènerez, vos attentes… Et n’oubliez pas un petit mot sur vous et votre équipe, c’est plus humain et rassurant de savoir qui vous êtes !

4. Trouver des vélos à réparer ou à démanteler !

Une fois votre premier local trouvé (ou lieu de stockage) et des outils rassemblés, vous pourrez commencer de récupérer des vélos en organisant des actions de récupération. Cette étape sympathique (car vous rendez service aux gens !) permet de se faire connaître dans le quartier. Les vélos réparés sont revendus pour financer l’atelier et les vélos non réparables serviront à alimenter le stock de pièces.

5. Trouver des financements et définissez votre modèle économique !

Votre atelier aura nécessairement besoin de trouver des moyens pour agir ! Combien ? Cela varie en fonction des ateliers, de leurs choix et des opportunités qu’ils ont eu : est-ce que vous devrez louer votre local ? Est-ce que vous aurez des salariés pour coordonner vos activités ? Est-ce que vous aurez des actions solidaires (dons de vélos, etc.) ? Votre atelier pourra avoir besoin de 10.000€, de 50.000€ par an ou plus ! Quelques pistes pour financer votre activité…

Un financement participatif pour le lancement et les nouveaux défis : une campagne de financement participatif est une bonne idée pour le lancer votre atelier ! Elle vous permettra d’être connu du public et de rassembler 5000€ à 10 000€ pour vos premiers investissements, une remorque pour un atelier mobile, par exemple ! Vous pourrez aussi réutiliser ce mode de financement lorsque vous vous lancerez de nouveaux défis : un nouveau local, un événement génial, etc. !

L’adhésion : Les ateliers fonctionnent presque toujours avec à une adhésion annuelle des participants, toute personne qui bénéficie à un moment du service adhère à un tarif fixe (10€, 20€, 30€… comme vous déciderez) ou à prix libre. Il vous est possible de mettre des tarifs solidaires, plus accessible pour ceux qui ont moins, bien sûr !

Voici une petite idée des tarifs d’adhésion des ateliers lyonnais…

Le TriCycles : 10€ (réduit : 5€)

Le Chat perché : 15€

La Ptite Rustine : 30€ (réduit : 25€)

–  Change De Chaîne : prix libre

Le Recycleur : 35€ (réduit : 25€)

La vente des vélos réparés :  vous pouvez développer une activité de réparation de vélos récupérés pour les revendre et vous constituer ainsi un petit fond bien utile pour les investissements nécessaires à la vie de votre atelier !

Des prestations et des formations : vous pourrez réaliser des prestations (ex : intervenir avec un atelier mobile dans une entreprise ponctuellement ou régulièrement) ou des formations (ex : les 10 réparations de base à connaître pour les vélos) pourront vous rapporter une belle marge pour investir dans un local, des outils ou libérer du temps pour des actions gratuites. Les entreprises, les villes, les Mjc et Centres sociaux (entre autres) pourront être intéressés par ce type de prestation !

Les subventions et aides publiques : votre action étant d’intérêt général à plusieurs titres (éducation, prévention des déchets, mobilité douce et durable, lien social…) vous pourrez bénéficier d’aides publiques. Lesquelles ? Quelques éléments (non exhaustif !)…

  • Des subventions de fonctionnement : votre mairie (ou la Métropole) pourra considérer votre activité comme très bénéfique à la vie dans la ville et vous soutenir chaque année à hauteur d’un montant que vous définirez ensemble. Il peut s’agir d’une subvention en nature avec la mise à disposition d’un lieu ! Pour cela, rencontrez les élus et les services en charge du développement durable, de la mobilité…
  • Des subventions de projet : elles sont plus courantes aujourd’hui, il s’agit soit d’appels à projet (à consulter sur Rhône Alpes Solidaire ou sur les sites des collectivités) ou d’aide dans le cadre de plan ou de politiques publiques comme le Plan d’éducation au Développement durable (PEDD) de la Métropole de Lyon.
  • Des subventions d’investissement : elles vous permettent de financer un investissement (une remorque, des travaux, des outils…) pour que vous puissiez vous lancer. C’est pour une seule fois, mais c’est bien utile pour démarrer !
  • Des aides pour la création d’emploi : il existe différentes aides et des contrats spécifiques lors de la création d’un emploi : CUI-CAE, Prime d’embauche…

Il ne suffit pas de remplir un dossier en ligne pour obtenir une subvention : il est indispensable (ou en tout cas très utile) d’aller à la rencontre des élus et des agents des collectivités afin de bien comprendre leurs attentes, qu’ils vous connaissent, comprennent vos objectifs et voient que votre action est sérieuse.

6. Bien faire vivre votre atelier : le grand défi !

L’organisation de la vie de votre atelier est une défi important : votre objectif sera que tout le monde puisse collaborer et que les adhérents puissent s’y retrouver facilement pour réparer leurs vélos, se sentent intégrés, reviennent souvent, et que les plus expérimentés continuent à avoir envie de venir aider les moins connaisseurs ! Bref, que ce soit une belle aventure humaine !

Difficile de donner des conseils là-dessus, c’est à vous de trouver votre voie et votre organisation ! Visitez les autres ateliers à Lyon et en France, et faites vous une idée, mais surtout prenez le temps d’en discuter souvent entre vous pour progresser. Rien n’est jamais figé en la matière !

Sur le plan pratique, vous trouverez beaucoup d’idées pour organiser votre atelier, des panneaux d’outils, des codes couleur, des étiquettes, des crochets pour suspendre roues et vélos… Il y a beaucoup d’exemples à copier et tout à inventer avec un peu d’imagination !

Avec les participants, il faudra notamment veiller à ce que les bons outils soient utilisés, aider dans les situations complexes et veiller au respect du rangement de votre atelier.

Etape 6 (bis) : Communiquer et continuer de mobiliser dans la durée…

En même temps que votre organisation interne, il vous faudra réfléchir à être toujours identifié par les habitants du quartier. Quelques conseils…

Il faudra sans doute créer un site internet qui présente votre atelier, le lieu, les horaires d’ouvertures, les tarifs d’adhésion, les services, les événements, mais aussi votre petite équipe. Il doit donner envie de venir ! De la même manière vous pourrez explorer les réseaux sociaux, Facebook, Twitter, et d’autres !

Surtout, votre atelier pourra participer à différents évènements : participer aux festivals et différentes animations du quartier permettra de mettre l’activité sur le devant de la scène et de pousser les habitants à venir réparer leurs vélo !

Ces évènements sont importants car ils permettent d’aller à la rencontre des habitants du quartier, qui ne connaissent pas forcément le concept des ateliers et qui pourront apporter leur contribution ensuite : donner des vélos qu’ils n’utilisent plus, devenir bénévole, soutenir financièrement…

Et pour aller plus loin…

  • Proposer des cours de vélo (vélo-école) ;
  • Proposer des cours de réparation de vélo ;
  • Proposer de réparer d’autres objets (comme dans les repairs cafés)
  • Construire des vélos « bizarres », des vélos cargos… qui feront connaître votre atelier et attireront des passionnés de bricolage !
  • Organiser vos propres évènements (ateliers mensuels pour apprendre à réparer une partie du vélo, chasse au trésor, ateliers mobiles…)

Structures ressources

Lettre i en noir sur fond transparentL’heureux cyclage (national)

L’Heureux Cyclage est le réseau des Ateliers vélo participatifs et solidaires. Il a pour objet de promouvoir et valoriser l’activité des « Ateliers vélo ». Les Ateliers vélo se définissent par leurs activités de promotion active du vélo basées sur le réemploi de vélos inutilisés et l’apprentissage de la mécanique.

www.heureux-cyclage.org

Pignon sur rue Pignon sur Rue propose différents services aux cyclistes de l’agglomération lyonnaise comme un centre de documentation, une vélo-école, des animations et des événements, des plans de déplacement domicile-école ou encore un portail d’informations Actuvélo.
www.pignonsurrue.org

Pour aller plus loin

pictos-guide-noir_le-libre

Fiche inspirée du « Wiklou » : vous y retrouverez plus d’infos !
La Clavette : coordination des ateliers de vélo de Lyon / au sein du réseau français L’Heureux cyclage

Si vous vous lancez, Anciela peut vous accompagner dans le cadre de la Pépinière d’initiatives citoyennes : vous aider à mobiliser, échanger avec vous sur tous les moments de la démarche, vous mettre en lien avec des acteurs et des soutiens utiles pour avancer, etc.  Contactez-nous !

Lancez-vous !

Maintenant que vous avez lu ces quelques premiers conseils… c’est parti !
Si vous avez besoin d’en discuter, d’avoir des conseils sur la fabrication, vous pouvez contacter l’Heureux cyclage sur le formulaire de leur site internet : www.heureux-cyclage.org

Si vous vous lancez, Anciela peut vous accompagner dans le cadre de la Pépinière d’initiatives citoyennes : vous aider à mobiliser, échanger avec vous sur tous les moments de la démarche, vous mettre en lien avec des acteurs et des soutiens utiles pour avancer, etc.
ontactez-nous : contact@anciela.info