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Citoyenneté et démocratie

L’école Sup’écolidaire ouvre ses portes !

Par | Ça se passe à Lyon, Campus, Citoyenneté et démocratie | Aucun commentaire

L’école Sup’écolidaire, premier établissement d’enseignement supérieur entièrement dédié aux grands enjeux d’écologie, de solidarité et de citoyenneté a ouvert ses portes début septembre. C’est dans des locaux exceptionnels à Valmy, partagés avec les Compagnons du devoir, qu’elle accueille cette année ses deux premières promotions !

Née de la volonté d’Etienne Spataro, jeune entrepreneur engagé dès son enfance dans la protection de la nature, Sup’écolidaire propose une formation en 5 ans pour devenir un « expert » de la transition écologique et solidaire de notre société.

L’idée est partie du constat d’Etienne « qu’il n’y avait pas la possibilité pour des étudiants d’avoir un cursus complet dédié à ces grands enjeux de société, à moins de choisir des formations très spécialisées à partir Bac +3 ». Et pourtant, il lui semblait qu’il y avait une réelle demande des étudiants pour se former aux métiers de demain, à la fois passionnants et en cohérence avec leurs valeurs !

Et la réalité n’a pas démenti ce premier constat. Signe d’une prise de conscience des étudiants, cette école « pas comme les autres » a vu la première campagne d’admissions réussie haut la main avec deux classes complètes.

Les 70 heureux élus (ou plutôt devrait-on dire, avec près de 80% de filles dans ces deux premières promotions, les heureuses élues) pourront suivre un cursus en 5 ans. Ils y découvriront les grands enjeux de notre époque à travers des modules animés par des professionnels et des associations, et se formeront aux différentes sciences sociales (sociologie, psychologie, économie…) nécessaires pour comprendre et agir dans le monde d’aujourd’hui.

Une spécialisation « thématique » en 4e année et une spécialisation « métier » en 5e année leur permettra d’allier la polyvalence et la culture générale acquise dans les premières années avec la professionnalisation nécessaire à leur insertion dans le monde professionnel d’aujourd’hui.

Ces formations ont été construites en partenariat avec 43 associations et entreprises reconnues pour leur engagement éthique et leur connaissance des enjeux environnementaux et sociaux. Parmi elle, on retrouve des noms connus : I-Boycott, AFEV, FRAPNA, SOS RACISME 69, Entrepreneur du Monde, L214, Les Colibris, Réciprocité… et bien sûr Anciela !

Ces partenaires participeront à la mise en pratique des apprentissages au travers de projets tutorés où les étudiants pourront mettre en œuvre ce qu’ils ont appris en cours !

Que devient-on après ses études à Sup’écolidaire ?

Les étudiants seront formés pour s’insérer dans des univers professionnels très différents où ils apporteront leurs compétences et leurs expériences du développement durable. Ils pourront ainsi être chargés de mission « développement durable » dans une ville, chargé de plaidoyer dans une association, en charge de la RSE dans une entreprise ou encore entreprendre leur propre initiative grâce à un parcours spécifique d’entrepreneuriat !

Une école « participative et ouverte »

En cohérence avec les principes qu’elle défend dans la société, Sup’écolidaire est gérée par une association dont la gouvernance est ouverte et partagée avec les étudiants et leurs parents, les salariés et les enseignants ainsi qu’avec les structures partenaires. Une exception remarquable dans le monde des établissements privés !

Et c’est parti !

L’année étudiante démarrera le 19 septembre avec des journées de rentrée où les étudiants découvriront leur nouvelle école, apprendront à se connaitre et rencontreront des associations et des initiatives qui agissent aujourd’hui sur Lyon et ses alentours.

Ce sera le début d’une belle aventure pour des étudiants qui ont décidé de s’engager sur le long chemin de la construction d’une société écologique et solidaire. On compte sur eux !

Envie d’en savoir plus ?
Rendez-vous sur : http://supecolidaire.com

Les journées de rentrée de Sup’écolidaire

Ca se passe à Lyon : rencontre avec Levent Acar, co-fondateur de I-boycott

Par | Ça se passe à Lyon, Citoyenneté et démocratie | Aucun commentaire

Vous aussi, vous êtes lassé de lire chaque semaine un nouveau scandale économique, écologique ou éthique à la une de la presse, et de vous sentir impuissant ? En tant que consommateur, vous avez pourtant une carte maîtresse en main : votre pouvoir d’achat ! C’est ce que vous rappelle I-BOYCOTT, par sa plateforme participative en ligne permettant à chacun de lancer ou de participer activement à une campagne de boycott !

I-BOYCOTT, kesaco ?

I-BOYCOTT est une association à but non lucratif dont le financement repose exclusivement sur les dons. Elle propose une plateforme en ligne présentant des campagnes de boycott actuelles, lancées par des acteurs de la société civile : chaque campagne permet non seulement de dénoncer les mauvaises pratiques de certaines marques en vue de les faire évoluer, mais elle s’accompagne aussi d’une lettre ouverte adressée à l’entreprise. C’est alors dans l’intérêt de celle-ci d’y répondre, de se montrer plus transparente dans ses pratiques et de présenter les améliorations en cours. Vous êtes alors libre de décider si cette réponse est satisfaisante ou si vous avez des raisons de maintenir la campagne de boycott.  

A l’origine du projet

Ce qui décide les frères Levent et Bulent Acar, deux jeunes lyonnais issus de Saint-Chamond, à lancer I-BOYCOTT, c’est d’abord une indignation de trop : l’invalidation par la Commission Européenne de la pétition contre le TAFTA, malgré son million de signatures* et la mobilisation de plus de 320 organisations de la société civile européenne.

Mais c’est aussi une figure historique qui les inspire : un documentaire sur Gandhi, théoricien de la résistance pacifiste et opposant à l’oppression britannique durant l’époque coloniale, leur rappelle combien le boycott est l’outil idéal pour tous ceux qui sont faibles économiquement mais qui n’en sont pas moins nombreux et décidés.

La démarche : un boycott bienveillant

« Chaque fois que vous dépensez de l’argent, vous votez pour le type de monde que vous voulez. » Cette citation d’Anne Lappé* que l’on retrouve sur leur page d’accueil résume assez bien la philosophie d’I-BOYCOTT : favoriser une consommation citoyenne et responsable à travers le boycott et le buycott (si vous n’êtes pas encore familiarisé avec ces deux termes, les lignes qui suivent sont pour vous !).

Boycott : le consommateur décide de ne plus acheter les produits d’une marque pour montrer son opposition, tout ça dans une optique pacifique et bienveillante. Encore tabou en France, c’est pourtant une forme de contestation concrète, qui a déjà prouvé qu’elle avait un réel impact sur les entreprises : suite aux différentes contestations de la société civile, la célèbre marque Nike a dû progressivement modifier ses pratiques**.

Buycott : le consommateur décide d’acheter les produits de telle ou telle marque parce qu’il adhère à sa philosophie et/ou à ses pratiques. Parce qu’il vous faut quand même vivre et manger, le buycott vous permet d’identifier des alternatives aux produits boycottés et de soutenir ainsi les entreprises ou marques qui se comportent de façon éthiquement responsable.

En proposant une plateforme en ligne qui donne plus de poid et de visibilité aux boycotts, I-BOYCOTT responsabilise les entreprises en les incitant à répondre et à ajuster leur pratiques, met en valeur les initiatives exemplaires. Et pour chaque campagne menée, un onglet “Alternatives” est proposé et chacun est libre de l’alimenter.  

L’union fait le boycott

En rejoignant la dynamique collective d’un boycott, vous donnez plus de poids à votre démarche de consommateur. En choisissant de manifester votre adhésion ou votre rejet vis-à-vis de tel ou tel mode de consommation, vous vous donnez les moyens d’avoir un impact significatif sur la société et son environnement. Pour preuve, il semblerait que les difficultés de Nike en 1997 et 1998 soient dues en partie au boycott de 1996 : ce mouvement de contestation civile, né à la suite de la publication par le Time de la photo d’un jeune Pakistanais de 12 ans qui cousait des ballons de football pour le compte de la marque, il est certain que ce mouvement a fait mauvaise presse et a encouragé l’association California Citizen à lancer un procès contre la marque pour publicité mensongère en 2003. Procès qu’elle a d’ailleurs gagné.

De plus, les fondateurs de I-BOYCOTT sont convaincus qu’un “chiffre”, soit le nombre de boycottants, parle parfois beaucoup plus à l’actionnaire d’une entreprise que l’éthique. Dans ce cas, n’ayons pas peur d’être nombreux !

Et aujourd’hui, on en est où ?

La plate-forme i-boycott.org a été lancée en juin 2015 et compte déjà 42 000 inscrits ! Le projet a vu le jour grâce à une équipe d’une vingtaine de personnes, très engagées et réparties dans différentes villes, régions et pays (Lyon, Paris, Pyrénées Orientales, Barcelone, Belgique…). Ils ont pu compter sur un financement participatif sur kisskissbankbank, sans oublier notre soutien, à Anciela, avec les conseils de notre Pépinière d’initiatives citoyennes.

Les premiers boycotts (H&M et Petit Navire) ont été rapidement lancés et I-BOYCOTT a alors rencontré ses premiers succès puisque ces campagnes ont suscité respectivement la participation de 11000 et 15000 personnes, ainsi que des réponses de la part des entreprises qui furent aussitôt publiées sur la plate-forme.

La prochaine étape ?

En réalité il y en a 2. Tout d’abord le I-BOYCOTT-Tour, une campagne d’appel à dons afin de financer une douzaine d’antennes-relais en France, en Belgique et en Suisse : « Nous souhaitons également – et c’est pour ça que nous aurons besoin de vous ! – créer des antennes locales dont la vocation sera de mener des actions pour inciter les entreprises à nous répondre, comme le micro-trottoir que nous avons conduit lors de la campagne de boycott contre Starbucks. »****

L’association a aussi lancé l’Alliance social heroes qui vise à donner plus de visibilité aux campagnes de boycott. Parmi ces “social heroes”, considérés comme des acteurs influents sur les réseaux sociaux, on retrouve Mr Mondialisation, Osons Causer mais aussi des youtubeurs comme Kriss Minute Papillon ou Prof feuillage. Leur but est de partager chaque mois une des trois campagnes de boycott les plus populaires de la plate-forme et de la propulser manière synchronisée sur 3 jours auprès d’une communauté de près de 5 millions de personnes.

Besoin de forces vives !

Le projet I-boycott rencontre du succès mais aussi un grand élan de solidarité : « On a aussi reçu beaucoup de demandes (et de propositions !) pour traduire notre site en anglais et en espagnol, par exemple, pour pouvoir s’exporter dans différents pays ! A moyen terme, ce serait super ! Somme toute, nous avons plein de belles choses en perspective pour pérenniser l’activité d’I-boycott. » Cependant rien n’est acquis ni ne se fait sans vous. Rendez-vous sur I-BOYCOTT afin de découvrir les campagnes en cours (les boycott à l’encontre de Société générale, Coca Cola, H&M, Marineland…), en rejoindre une voire peut être même lancer la vôtre !

Et si vous avez envie d’aider Levent et Bulent, de participer à leur aventure, n’hésitez pas à leur écrire sur la page contact de leur site ou sur facebook. Surtout si vous êtes sur Lyon ! Sachez qu’ils sont toujours enthousiastes à l’idée de rencontrer une nouvelle tête. Et si vous n’êtes pas lyonnais, vous pouvez quand même les contacter, les rejoindre sur leur site et soutenir le I-BOYCOTT Tour.

Vous allez les buycotter 😉

– Par Chloé Chassignolle

 

* 1 101 539 personnes avaient signé cette pétition.

** Plus d’infos sur https://www.cairn.info/revue-francaise-de-gestion-2005-4-page-115.htm

*** Anne Lappé est une auteure et conférencière spécialiste des questions de mondialisation, de changements sociaux et de politiques alimentaires.

**** Une vidéo youtube du micro-trottoir sur Starbucks est disponible ici !