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Des fibres de lin, des jeans aux noms latins et un atelier familial à l’est de Lyon… Depuis quelques mois, chez la jeune marque Le Gaulois, on fabrique des jeans qui respectent la nature et les travailleurs !

Faire renaître une entreprise familiale… pour faire des jeans français bio

La marque de jeans Le Gaulois, c’est d’abord le fruit du cheminement de Jean-Charles Tchakirian, son créateur. Plus de quinze ans après la fermeture du grand atelier de fabrication de jeans créé par ses parents dans les années 60, il constate un regain d’intérêt pour les produits artisanaux et locaux en France. Une véritable occasion à saisir pour lui ! « J’ai vu des gens qui ouvraient d’anciennes usines, qui redécouvraient des savoir-faire… Je me suis dit que c’était le moment de redémarrer notre activité », raconte celui qui n’a jamais quitté le monde du textile après la fermeture de son entreprise. 

Après une quarantaine d’années dans le textile, Jean-Charles Tchakirian décide de dédier son savoir-faire à une mode plus cohérente avec ses valeurs. « Les vêtements vendus à bas prix que les gens jettent rapidement ont un impact désastreux pour la nature. Je me suis demandé en quoi, moi, je pouvais participer à faire changer les choses… C’est comme ça que j’ai eu cette idée des jeans Le Gaulois ! », rapporte-t-il. 

Deux ans de maturation ont été nécessaires pour préparer la chaîne de production et une campagne de financement participatif réussie a permis de remettre en marche les machines de son atelier familial à Décines. « L’engouement des gens autour du projet nous a montré que nous n’étions pas les seuls à avoir envie d’une mode qui corresponde à nos valeurs », s’enthousiasme-t-il. Et à l’automne 2019, les premiers jeans écolos Le Gaulois passent à la machine à coudre !

Une matière première créée de toutes pièces à partir de la fibre de lin bio

Pour ces jeans français, pas question de continuer de travailler avec le coton élasthanne utilisé traditionnellement. La marque a trouvé une fibre écologique qui pousse en Normandie : le lin. « L’avantage de cette plante, c’est qu’elle n’a pas besoin de beaucoup d’eau pour pousser, la pluie lui suffit amplement. Par rapport aux jeans fabriqués en coton, une culture très gourmande en eau, on diminue déjà beaucoup notre impact », explique Jean-Charles Tchakirian.  « L’autre avantage du lin, c’est que les déchets de la chaîne de production du tissu sont limités. Les fibres peuvent être utilisées dans des matériaux de construction ou dans l’isolation de bâtiments », complète-t-il.

Pour Jean-Charles Tchakirian, plutôt habitué à fabriquer des jeans à partir de matières premières toutes faites, c’est aussi un nouveau défi : « Pendant des mois et des mois, nous avons travaillé avec un tisseur à développer le tissage idéal pour que les jeans soient exactement tels qu’on les voulait. Et on est plus que satisfaits du résultat ! », confie-t-il.

Pour aller plus loin dans la démarche, la marque s’est engagée avec Lin et chanvre bio, une association engagée dans la réhabilitation du chanvre textile en France, une autre fibre écologique. « Avec d’autres artisans, on essaie de recréer une chaîne de production de cette matière pour que d’autres fabricants de vêtements puissent l’utiliser », explique Jean-Charles.

Fabriquer un jean français écolo pour réunir des artisans autour de la fabrication d’un nouveau tissu

Wattrelos et Roubaix dans le Nord, Charlieu dans la Loire et Tarare dans le Rhône… Pour être filé, tissé et teint, le lin cultivé dans les champs normands fait un petit tour de France avant d’arriver à l’atelier. Un trajet plutôt court au siècle de la mondialisation ! « Un jean traditionnel voyage en moyenne 65 000 kilomètres avant d’arriver en magasin… Chez Le Gaulois, on limite la chaîne de production à 680 kilomètres », précise-t-il.

Trouver et échanger avec ces artisans locaux a d’ailleurs pris beaucoup de place dans le processus de création. Il n’aura pas fallu moins de deux ans pour choisir les différents artisans français qui travaillent aujourd’hui à la fabrication du textile des futurs jeans, en veillant à ce qu’ils soient compatibles avec les valeurs écologiques de la marque. « Travailler avec ces artisans, c’est aussi les faire se rencontrer, valoriser leur savoir faire, et aussi s’assurer que tous ceux qui participent à la fabrication de nos jeans sont rémunérés correctement »complète-t-il.

De nouveaux projets en route pour des créations textiles françaises

L’atelier de Décines fonctionne aujourd’hui à plein régime pour fabriquer les 1 350 jeans promis aux soutiens de la campagne de financement participatif. Formées par la mère de Jean-Charles Tchakirian, cinq nouvelles couturières se sont embarquées dans cette grande aventure et Le Gaulois cherche déjà à en recruter cinq supplémentaires pour répondre à la demande croissante !

Des shorts, blousons et autres jupes en jeans devraient bientôt rejoindre la collection actuelle.  « Pour l’été prochain, on prépare même des produits en lin naturel. Ils ne seront pas colorés et pourront donc être portés par des personnes allergiques à la teinture », explique Jean-Charles qui imagine aussi des partenariats avec d’autres marques de textile éthique, « pourquoi pas aussi avec des marques de chaussures ? »

Et pour celles et ceux qui ont envie de découvrir cette petite révolution dans le monde des vêtements, d’ici le mois de janvier, un magasin d’usine devrait ouvrir ses portes au sein même de l’atelier de Décines. On pourra y essayer son jean en découvrant leur fabrication de plus près !

Anaïs Frouin

Photos : Le Gaulois

Contact

Retrouvez le site internet Le Gaulois et contactez les !

Cet article est initialement paru dans la rubrique Ça démarre du numéro 20 du Magazine Agir à Lyon et ses alentours, en février 2020. Le Magazine Agir à Lyon et ses alentours est un mensuel papier de 52 pages disponible sur abonnement.
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