Un amour de la nature, une envie d’agir et une bonne dose de joie de vivre, c’est ce qui rassemble chaque mois au Grand Parc de Miribel, la cinquantaine de bénévoles engagés avec Randossage, une association qui organise des ramassages ludiques, artistiques et sportifs de déchets, mais pas seulement !

Randonnée & ramassage pour nettoyer la nature

Ils sont nombreux nos concitoyens, chaque week-end, à venir profiter du Grand Parc Miribel Jonage, pour un footing, une sortie en famille, un pique-nique printanier… 2 200 hectares de nature préservée qui font la joie de millions de visiteurs chaque année. Comme eux, Corinne Charvin fréquente le lieu depuis longtemps. Dépitée par les bouteilles et autres déchets qu’elle rencontre en chemin, il y a quelques années, elle commence à ramasser tout ce qu’elle trouve sur son passage. Entraînant avec elle son entourage, elle décide de contacter les responsables du site afin d’agir à plus grande échelle contre la dégradation de son parc « de coeur ». Fin 2018, en partenariat avec le Parc, Corinne organise ses premiers ramassages ouverts au public et rapidement, avec la petite équipe réunie autour d’elle, une association naît : Randossage, compression de « randonnée » et de « ramassage ». Si, au départ, ils ne comptaient guère plus de cinq participants aux ramassages organisés tous les 3 ème samedis du mois, ils sont aujourd’hui une quarantaine à participer à chacune de ces opérations, avec un butin de 300 kilos de déchets en moyenne par sortie !

Agir, apprendre et s’amuser en prenant soin de soi et de l’environnement

Et la fine équipe ne s’arrête pas là ! Pour sensibiliser avec originalité les citoyens à la protection de la nature dans la joie et la bonne humeur, chaque sortie organisée va bien au-delà d’un simple ramassage de déchets. Tout au long du parcours, les « randosseurs » sont invités à répondre à des quizz rencontrés en chemin : « Combien un mégot pollue-t-il de litres d’eau ? » Réponse sous un caillou : « 500 litres d’eau ». Une façon d’apprendre tout en agissant ! À côté des parcours de ramassages, pas question d’oublier les passants : ils peuvent découvrir l’installation d’un grand étendage exposant une multitude de déchets : une façon d’interpeller le public invité à deviner le nombre d’années nécessaires à la dégradation de chaque déchet dans la nature. « C’est parce que montrer vaut tous les discours moralisateurs que j’ai fondé Randossage », explique Corinne, « happycultrice », selon ses termes, et présidente de l’association.

Si Corinne remarque une augmentation du nombre de déchets année après année, elle ne pointe personne du doigt : « Il va falloir du temps pour modifier en profondeur les habitudes de chacun. Je ne leur cherche pas d’excuse mais on vit dans une société de consommation : les gens consomment, puis jettent, sans se rendre compte de leur impact ! On est tous à des états de conscience différents, il ne faut juger personne. ». Au combat violent et à la colère, Corinne a préféré la méthode douce, reposant sur un principe de bienveillance, loin des discours anxiogènes, afin d’amener les gens vers une démarche constructive. « En faisant du bien à notre environnement, on se fait du bien à soi-même et à son entourage. La bienveillance est virale ! », nous assure-t-elle.

L’art au service de la conscience écologique

Parce que les déchets dans la nature offrent aux artistes un véritable terrain de jeu pour leur créativité, trois artistes ont déjà rejoint Randossage pour capturer en direct, en photo, en peinture ou en BD, les opérations de ramassage et les temps de convivialité qui les accompagnent. « Les pratiques artistiques sont un autre moyen d’ouvrir le dialogue avec les visiteurs et éveiller leur curiosité pour la cause environnementale », explique Corinne. Dans cet esprit, l’équipe a déjà organisé sa première exposition évolutive « Bien sur ma planète », en partenariat avec la MJC Jean Cocteau de Saint-Priest, où plus de 100 déchets suspendus au plafond, ainsi que des dizaines de photos et tableaux, ont accueilli les visiteurs pendant le mois de septembre 2019. De nouvelles idées germent chaque mois pour engager toujours plus de citoyens sur le terrain : initiation au zéro-déchet, ateliers de réparation, de couture, ramassages urbains dans les communes de Saint-Priest et Mions, un « runssage » de 5 kilomètres pour les férus de jogging, des opérations de ramassage à venir au parc de Parilly… L’année 2020 s’annonce riche pour Randossage, qui co-organisera le Festival Lyon 0 Déchet qui a lieu, comme tous les ans, au mois de mai. L’équipe participera aussi au World Clean-up day en septembre !

À vos sacs ! Prêt ? Partez !

Le prochain ramassage ludique et artistique aura lieu au Grand Parc le 21 mars de 9h30 à 12h30, plage de la Baraka, chemin de la Bletta, à Vaulx-en-Velin. Des pinces, gants et sacs sont disponibles sur place. Au programme : ramassage et sensibilisation, opération mégots et capsules, jeu du déchet caché, pesée des sacs, photo géante de tous les déchets… Un programme qui plaira aux petits comme aux grands !

Raphaëlle Amaudric

Photos :  Alix Charvin

Contact

Retrouvez Randossage sur leur site internet et suivez les prochains rendez-vous.

Contactez-les ici.

Cet article est initialement paru dans la rubrique Ça démarre du numéro 22 du Magazine Agir à Lyon et ses alentours, en mars 2020. Le Magazine Agir à Lyon et ses alentours est un mensuel papier de 52 pages disponible sur abonnement.
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