Auvergnate d’origine, ayant vécu au plus près de la nature et beaucoup partagé avec son grand-père au jardin, Christine a vite cherché, dès son arrivée sur Lyon, à ramener la nature en ville car, dit-elle, « si la nature ne va pas bien, l’humain ne va pas fort ». La vue d’un terrain laissé à l’abandon au pied de son immeuble rue Sisley, dans le 3e arrondissement de Lyon, lui a donné envie de l’investir pour créer un jardin partagé et y associer ses voisins.

De la mise en place de composteurs au rêve d’un jardin partagé

Avec Laurine et Laurent, 80 ans, un voisin féru de jardin et passionné par l’histoire du quartier, Christine crée, en 2019, l’association « Composteurs et jardin », qui prendra par la suite le nom de Terre Sisley. « Coachés par un ancien qui connaît bien les ficelles et les procédures, moi apportant mon énergie, on était un petit groupe motivé », explique Christine. D’autant qu’il s’agissait de contrer de supposés projets d’agrandissement du parking de la copropriété !

Christine et l’équipe de Terre Sisley tentent dans un premier temps d’obtenir la location de ce terrain de 280 m2 appartenant à la Métropole, et c’est finalement à titre gratuit et pour trois années qu’il leur est confié. Ils commencent alors par installer plusieurs composteurs partagés, grâce au soutien de la Mairie du 3e, et dans le même temps, le terrain accueille les premiers voisins qui viennent y déposer leurs biodéchets. Cette première mobilisation déclenche alors un intérêt pour le terrain lui-même et, dès juin 2021, une soixantaine d’habitants souhaitent aller plus loin et s’investir dans son nettoyage et sa transformation. La pose d’un panneau « Terre Sisley » sur la porte grillagée marque alors sa création, invitant les passants intéressés à se manifester.

Christine au jardin

De la découverte d’un sol ingrat à la création d’un jardin structuré

Entre l’envahissement d’ailantes, des arbres invasifs, et la récolte de déchets hétéroclites, le travail a d’abord consisté à faire l’inventaire des coins de terre possiblement cultivables. Avec la présence d’une teinturerie à proximité dans les années 50, il était évident que le sol pollué ne permettrait pas de cultiver dans une terre saine.

La situation du terrain à un angle de rues a suscité la curiosité des passants. Voir Christine et ses acolytes se retrousser les manches, charrier des cailloux, et retourner la terre, en a convaincu plus d’un. Ainsi, les nouveaux bras volontaires et les outils prêtés ou cédés ont permis d’entamer le déracinement de végétaux indésirables, le creusement de massifs et le dégagement des pierres. « Heureusement, nous avons bénéficié de l’aide des Coccinelles de Sans-Souci, un jardin partagé voisin actif depuis près de dix ans et devenu notre modèle », confie Christine.

Travailler ensemble… pour que ce soit vert au printemps !

De la récupération de matériaux et de palettes est née une cabane destinée à mettre les outils à l’abri. À partir de sacs de jute emballant la mauvaise terre enlevée, s’est érigée une bordure massive pour un carré de plantation surélevé.

Et parmi toutes les bonnes volontés, se sont constitués des binômes, encadrés par des adhérents connaisseurs, promus référents pédagogues pour expliquer le travail à faire, l’utilisation des outils et les actions à entreprendre. « Quand on comprend ce qu’il y a à faire, on trouve mieux sa place », précise Christine avec conviction.

Avec Laurine au secrétariat et à la communication, Christine au jardin, Terre Sisley trace sa route et sollicite toujours des bras et des outils « pour que ce soit vert au printemps », conclut l’ambassadrice.

 

Jardin Terre Sisley
21 bis, rue Sisley – Lyon 3e 
terresisley@gmail.com
www.terre-sisley.fr

Christine Ballu

Photo : Flora Richardet

Ambassadeurs du changement

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Cet article est initialement paru dans la rubrique Tous ambassadeurs du numéro 43 du Magazine Agir à Lyon et ses alentours, en avril 2022. Le Magazine Agir à Lyon et ses alentours est un mensuel papier de 52 pages disponible sur abonnement ou au numéro.

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